Tokyo compte plus de restaurants que n’importe quelle ville au monde, et le plus grand nombre d’établissements étoilés de la planète. La difficulté n’est pas de trouver où manger, mais de choisir. Un réflexe aide : dans beaucoup d’adresses populaires, on commande à un distributeur de tickets à l’entrée, on paie souvent en espèces, et on ne laisse jamais de pourboire. Le reste est affaire d’envie et de quartier.
En bref, par envie
- Un bol réconfortant : ramen (Ichiran, Afuri, Fuunji)
- Le meilleur poisson : sushi au marché de Toyosu
- Manger pas cher : teishoku, gyudon, konbini, depachika
- Une soirée conviviale : izakaya à Omoide Yokocho
- Une grande occasion : un comptoir de sushi ou un kaiseki, à réserver
Les spécialités à goûter
| Plat | Ce que c'est | Où le goûter | Budget |
|---|---|---|---|
| Sushi et sashimi | Poisson cru sur riz vinaigré | Toyosu, Ginza, kaiten-zushi | € à €€€€ |
| Ramen | Nouilles en bouillon | Partout, souvent au comptoir | € |
| Tempura | Beignets légers de légumes et fruits de mer | Comptoirs de Shinjuku, Asakusa | €€ à €€€ |
| Tonkatsu | Porc pané croustillant | Aoyama, Meguro, Ueno | €€ |
| Unagi | Anguille grillée laquée | Les maisons anciennes d'Asakusa | €€€ |
| Monjayaki | Galette coulante propre à Tokyo | La rue des monja de Tsukishima | €€ |
| Yakitori | Brochettes de poulet grillées | Izakayas, Omoide Yokocho | € à €€ |
Ramen, l’art du bouillon
Chaque bol est une école : shoyu (soja) typique de Tokyo, tonkotsu (os de porc) crémeux, miso du nord, ou shio (sel) délicat. Quelques valeurs sûres, faciles d’accès pour un premier voyage :
- Ichiran : le tonkotsu servi dans des box individuels, où l’on règle chaque détail (intensité, ail, piquant) sur un formulaire. Plusieurs adresses à Tokyo, dont Shibuya (1-22-7 Jinnan, en sous-sol de l’Iwamoto Building).
- Afuri : un ramen au yuzu shio léger et parfumé, parfait pour découvrir en douceur. Maison d’origine à Ebisu (1-1-7 Ebisu), et d’autres adresses à Nakameguro et Harajuku.
- Fuunji : l’une des références du tsukemen (nouilles à tremper dans un bouillon concentré), à deux pas de Shinjuku (2-14-3 Yoyogi, Shibuya), avec sa file d’attente.
- Rokurinsha : du tsukemen encore, dans la Ramen Street en sous-sol de la gare de Tokyo (Tokyo Station Ichibangai, côté Yaesu), pratique entre deux trains.
Sushi, dans sa ville de naissance
Le sushi tel qu’on le connaît est né à Edo, l’ancien Tokyo. On peut l’aborder à tous les niveaux :
- Au marché de Toyosu, dès le matin, pour la fraîcheur absolue. Sushi Dai (bâtiment 6 du marché, 6-5-1 Toyosu) y perpétue la tradition des files d’attente et des omakase du petit-déjeuner.
- À Ginza, dans les grands comptoirs comme Kyubey (8-7-6 Ginza), une institution plus accessible que les tables les plus fermées du quartier.
- En kaiten-zushi (assiettes sur tapis ou commande sur écran) comme Uobei à Shibuya (2-29-11 Dogenzaka), pour un premier essai simple et bon marché.
Les comptoirs d’omakase les plus prestigieux (on pense à Sushi Saito ou Sukiyabashi Jiro) sont réputés quasi impossibles à réserver : mieux vaut viser les adresses ci-dessus.
Tempura, tonkatsu et unagi
Trois classiques à ne pas réduire au ramen et au sushi :
- Tempura : chez Tsunahachi, institution de Shinjuku depuis 1923 (3-31-8 Shinjuku), on savoure des beignets légers servis au fur et à mesure au comptoir.
- Tonkatsu : le porc pané croustillant se déguste dans les maisons réputées d’Aoyama (comme Maisen, 4-8-5 Jingumae, installé dans un ancien bain public), de Meguro ou d’Ueno.
- Unagi : l’anguille grillée laquée, spécialité d’été, se déguste dans les maisons centenaires d’Asakusa, où se perpétue la cuisine de l’ancien Tokyo.
Izakaya et vie nocturne
Impossible de comprendre Tokyo sans une soirée en izakaya, ces tavernes où l’on partage petites assiettes (yakitori, edamame, sashimi, tempura) et boissons au fil des commandes. Les lieux les plus atmosphériques :
- Omoide Yokocho, à Shinjuku, un dédale de ruelles enfumées de yakitori.
- Golden Gai, tout près, et ses centaines de minuscules bars à thème.
- Yurakucho, sous les arches du chemin de fer, pour boire un verre à la japonaise après le travail.
Où manger par quartier
| Quartier | Pour quoi |
|---|---|
| Ginza | Sushi, tempura, haute gastronomie |
| Shinjuku | Izakayas, yakitori, ramen (Omoide Yokocho) |
| Shibuya | Cafés, cuisine jeune, kaiten-zushi |
| Asakusa | Unagi, tempura, douceurs traditionnelles |
| Toyosu et Tsukiji | Sushi du matin, fruits de mer, street food |
| Ebisu et Nakameguro | Bistrots, adresses gourmandes, ambiance |
Bien manger sans se ruiner
Manger pas cher à Tokyo n’a rien d’un pis-aller. Les teishoku, menus complets avec riz, soupe et plat, tournent autour de 800 à 1 200 yens. Les chaînes de gyudon (boeuf sur riz) comme Yoshinoya, Matsuya ou Sukiya sont rapides et savoureuses, tout comme le curry de CoCo Ichibanya. Les konbini (7-Eleven, Lawson, FamilyMart) proposent onigiri, bento et plats chauds de qualité étonnante. Et les depachika, sous-sols alimentaires des grands magasins comme l’Isetan de Shinjuku ou le Mitsukoshi de Ginza, sont un festival de traiteurs, souvent bradés en fin de journée.
Les marchés
Trois adresses pour manger sur le pouce au coeur de l’action :
- Toyosu : le grand marché aux poissons, pour un petit-déjeuner de sushis d’une fraîcheur inégalée.
- Tsukiji (marché extérieur) : l’ancien site garde ses étals et ses stands de street food, tamagoyaki et brochettes de fruits de mer.
- Ameyoko, à Ueno : un marché de rue animé sous les voies ferrées, populaire et bon marché.
Réserver et bien commander
Quelques repères qui changent l’expérience :
- Aux adresses célèbres (Toyosu, ramen réputés), arrivez tôt : les files peuvent être longues.
- Prévoyez des espèces : beaucoup de petites adresses n’acceptent pas la carte.
- Pour le haut de gamme, réservez à l’avance, parfois via votre hôtel, certaines maisons n’acceptant que les habitués ou les recommandations.
- Le midi, les grandes tables proposent souvent des menus bien moins chers que le soir : une façon maligne de goûter à l’excellence.
- Au comptoir, on mange sans traîner et on laisse sa place ; le service est déjà inclus, on ne laisse pas de pourboire.
Quel budget par repas ?
| Type de repas | Prix (yens) | Équivalent indicatif |
|---|---|---|
| Ramen, gyudon, teishoku | 800 à 1 500 | 5 à 10 euros |
| Izakaya, kaiten-zushi | 2 000 à 4 000 | 13 à 26 euros |
| Bon restaurant, comptoir de sushi | 5 000 à 15 000 | 32 à 95 euros |
| Kaiseki, omakase gastronomique | 20 000 et plus | 130 euros et plus |
Ces montants sont indicatifs et varient selon l’adresse et la saison ; l’équivalent en euros dépend du taux de change. Les adresses et leurs horaires évoluant vite, vérifiez l’ouverture et l’éventuelle réservation avant de vous déplacer.
