Plat végétarien japonais à base de légumes et de tofu

Manger végétarien et vegan au Japon

Manger végétarien au Japon est tout à fait possible, mais demande un peu de vigilance : le bouillon de poisson se cache dans de nombreux plats en apparence végétaux. Voici comment s'y retrouver, quoi commander et où bien manger.

Réponse rapide

Manger végétarien ou vegan au Japon est possible mais demande de la vigilance : le dashi, un bouillon de poisson, se cache dans beaucoup de plats de légumes. Les valeurs sûres sont la cuisine bouddhiste shojin ryori, les tempura de légumes, le tofu et les soba froides, ainsi que les restaurants végé des grandes villes. Quelques phrases claires facilitent grandement les commandes.

Végétarien au Japon : possible, mais avec vigilance

Contrairement à une idée reçue, le problème n’est pas le manque de légumes : la cuisine japonaise en regorge. La vraie difficulté tient à un ingrédient invisible qui parfume presque tout, le bouillon de poisson. Un plat de nouilles aux légumes, une soupe claire ou une sauce d’apparence végétale contiennent très souvent du poisson.

Le végétarisme reste par ailleurs un concept encore peu répandu dans certaines régions. Dire simplement « je suis végétarien » peut être compris comme « je ne mange pas de gros morceaux de viande », sans que le poisson ou le bouillon soient exclus. Mieux vaut donc être précis. Avec ces réflexes, on mange très bien, surtout à Tokyo et Kyoto où l’offre végé s’est beaucoup développée.

Le piège du dashi

Le dashi est le bouillon fondamental de la cuisine japonaise. Il est le plus souvent préparé à partir de katsuobushi, des flocons de bonite séchée, et d’algue kombu. On le retrouve dans la soupe miso, les bouillons d’udon et de soba, de nombreuses sauces et plats mijotés.

Résultat : des plats qui paraissent végétariens ne le sont pas. Une version de dashi uniquement à base d’algue kombu ou de champignons shiitake existe, mais elle n’est pas systématique. En cas de doute, il faut demander. Les personnes véganes doivent aussi surveiller l’œuf et les produits laitiers, plus faciles à repérer.

Les plats naturellement adaptés

Plusieurs spécialités sont végétariennes, ou facilement adaptables si l’on vérifie le bouillon et la sauce.

Plats souvent adaptés à un régime végétarien au Japon
PlatÀ vérifier
Tempura de légumes (yasai tempura)Sauce de trempage, parfois à base de dashi
Zaru soba (nouilles froides)La sauce tsuyu, souvent au dashi ; demander nature
Tofu (hiyayakko, agedashi)La sauce et le bouillon versés dessus
Edamame, tsukemono, nattoGénéralement sans problème
Onigiri à la prune (umeboshi)Garniture, à éviter thon ou saumon

Le tofu sous toutes ses formes, les edamame, les légumes marinés tsukemono et le natto (soja fermenté) sont des valeurs sûres. Beaucoup de ces plats se trouvent aussi au konbini : notre guide du konbini aide à composer un repas rapide.

Edamame, fèves de soja dans leur cosse, servies en entrée
Les edamame, une valeur sûre pour un voyageur végétarien.

Le shojin ryori, la cuisine des temples

C’est la plus belle porte d’entrée dans la cuisine végétale japonaise. Le shojin ryori est la cuisine bouddhiste, entièrement végétalienne, développée dans les monastères. Raffinée et présentée avec soin, elle exclut viande et poisson, et souvent l’ail et l’oignon.

On peut la vivre pleinement lors d’une nuit en logement monastique (shukubo), notamment sur la montagne sacrée de Koyasan, où les moines servent un dîner et un petit-déjeuner shojin ryori. C’est à la fois un repas et une expérience culturelle.

Où manger végétarien et vegan

Dans les grandes villes, l’offre s’est étoffée. Tokyo et Kyoto comptent de nombreux restaurants végétariens et végans, des cantines bio aux tables plus créatives. Les applications spécialisées et les cartes collaboratives sont précieuses pour les repérer.

En dépannage, les konbini et les depachika, sous-sols alimentaires des grands magasins, offrent toujours de quoi composer un repas sans viande ni poisson. Les chaînes de curry ou de nouilles proposent parfois des options végétales clairement identifiées.

Commander sereinement

Quelques mots font toute la différence. « Bejitarian desu » signifie « je suis végétarien », et « bīgan desu » « je suis végan ». Le plus efficace reste de préciser ce que l’on ne mange pas, poisson et dashi compris. Une petite carte rédigée en japonais listant les ingrédients à éviter est très utile à présenter au personnel.

Pour préparer ces échanges, notre article de phrases japonaises utiles en voyage rassemble le vocabulaire de base, et notre tour des plats à connaître au Japon aide à repérer ce qui, dans un menu, peut vous convenir.

En pratique

Végétarien au Japon : vos questions

Est-il difficile d'être végétarien au Japon ?
C'est plus délicat qu'en Occident, moins par manque d'options que par la présence discrète du dashi, un bouillon de poisson, dans beaucoup de plats à base de légumes. Avec un peu de vigilance et quelques phrases utiles, on mange cependant très bien, surtout dans les grandes villes.
Qu'est-ce que le dashi et pourquoi pose-t-il problème ?
Le dashi est le bouillon de base de la cuisine japonaise, le plus souvent préparé avec des flocons de bonite séchée (poisson) et des algues. On le retrouve dans la soupe miso, les bouillons de nouilles et de nombreuses sauces, ce qui rend non végétariens des plats qui semblent l'être.
Qu'est-ce que le shojin ryori ?
Le shojin ryori est la cuisine bouddhiste des temples, entièrement végétalienne. Élaborée et raffinée, elle exclut viande, poisson et parfois l'ail et l'oignon. On peut la découvrir dans certains temples, notamment lors d'une nuit en logement monastique à Koyasan.
Comment dire que l'on est végétarien en japonais ?
Une formule utile est « bejitarian desu » (je suis végétarien). Pour être plus clair, mieux vaut préciser ce que l'on ne mange pas, y compris le poisson et le dashi, car le végétarisme est encore parfois compris comme excluant seulement la viande.